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Immigration : ce qui est en jeu en 2027

En 30 secondes

Chaque année, la France délivre plusieurs centaines de milliers de premiers titres de séjour, pour des études, du travail, la famille ou l'asile. Les candidats s'opposent sur le niveau d'immigration souhaitable, sur les droits accordés aux étrangers et sur la façon de faire appliquer les décisions d'expulsion.

Comment ça marche

Les titres de séjour

Un étranger non européen qui veut vivre en France plus de trois mois doit obtenir un titre de séjour. Il est accordé pour un motif précis (études, travail, famille ou protection) et doit ensuite être renouvelé.

L'asile

Une personne persécutée dans son pays peut demander l'asile. L'Ofpra examine sa demande, avec un recours possible devant la Cour nationale du droit d'asile. Si la protection est accordée, elle obtient un titre de séjour ; sinon, elle doit quitter le territoire.

Les expulsions

Un étranger en situation irrégulière peut recevoir une obligation de quitter le territoire (OQTF). Beaucoup ne sont pas exécutées, notamment parce que le pays d'origine doit accepter de reprendre son ressortissant.

Où en est-on ?

  1. Janvier 2024 : la loi immigration

    Votée en décembre 2023, la loi « pour contrôler l'immigration, améliorer l'intégration » est promulguée en janvier 2024, après la censure par le Conseil constitutionnel d'une trentaine d'articles, dont plusieurs mesures ajoutées par la droite.

  2. 2025 : plus de titres, plus d'expulsions

    La France délivre environ 377 000 premiers titres de séjour, en hausse de 9 %, surtout en raison de la hausse des protections accordées au titre de l'asile. Les éloignements d'étrangers progressent aussi d'environ 16 %.

  3. Juin 2026 : le pacte européen

    Le pacte européen sur la migration et l'asile, adopté en 2024, s'applique depuis juin 2026 : contrôle renforcé aux frontières extérieures, procédures accélérées et mécanisme de solidarité entre pays de l'Union.

Les chiffres clés

11,3 %
de la population vivant en France est immigrée, soit 7,7 millions de personnes, dont un tiers a acquis la nationalité françaiseInsee, 2024
377 000
premiers titres de séjour délivrés en 2025 (+9 %). Les études restent le premier motifMinistère de l'Intérieur, données provisoires
151 700
demandes d'asile enregistrées en 2025, en baisse de près de 4 % sur un anMinistère de l'Intérieur
25 000
éloignements d'étrangers en 2025, en hausse d'environ 16 % sur un anMinistère de l'Intérieur

Un immigré est une personne née étrangère à l'étranger et vivant en France ; elle peut être devenue française. Un étranger est une personne qui n'a pas la nationalité française.

Les grandes options en débat

Quatre grandes approches s'opposent. Chacune a ses arguments, présentés ici tels que les avancent ses partisans et ses opposants.

Réduire fortement l'immigration

Baisser nettement le nombre de titres, durcir le regroupement familial et l'asile, voire consulter les Français par référendum.

Ses partisans

La France n'arriverait plus à intégrer correctement les nouveaux arrivants, et la pression sur le logement et les services publics serait trop forte.

Ses opposants

Certains métiers manquent de bras, les étudiants étrangers sont un atout, et le droit d'asile est protégé par la Constitution et les traités internationaux.

Réserver certains droits aux Français

Instaurer une préférence nationale pour le logement social ou certaines aides, et limiter l'AME aux soins urgents.

Ses partisans

Les Français doivent passer en priorité, et ces aides inciteraient à venir en France.

Ses opposants

Contraire au principe d'égalité selon de nombreux juristes, et limiter l' pourrait coûter plus cher à l'hôpital en laissant s'aggraver des maladies non soignées.

Mieux faire appliquer les règles actuelles

Garder le cadre actuel mais exécuter davantage d'expulsions, accélérer les procédures et conditionner l'aide au développement à la coopération des pays d'origine.

Ses partisans

La crédibilité de la politique migratoire passe d'abord par l'application des décisions déjà prises.

Ses opposants

Ces promesses reviennent à chaque élection sans grand effet, faute d'accord des pays d'origine, ou risquent de fragiliser les droits des personnes.

Accueillir et régulariser davantage

Régulariser les travailleurs sans papiers des métiers en tension, faciliter l'accueil des réfugiés et investir dans l'intégration : langue, logement, emploi.

Ses partisans

Ces personnes travaillent déjà, et la régularisation permet de lutter contre le travail illégal et l'exploitation.

Ses opposants

Une régularisation pourrait encourager de nouvelles arrivées irrégulières, ce que ses opposants appellent un « appel d'air ».

Qui propose quoi ?

Regroupement d'après les positions recensées sur la proposition « une forte réduction de l'immigration légale », en cours de vérification. Le détail par proposition est dans « Qui défend quoi » ci-dessous.

Pour une forte réduction de l'immigration légale

Contre une forte réduction de l'immigration légale

Position non encore précisée

Qui défend quoi

Pour chaque proposition, les candidats qui sont pour et ceux qui sont contre, dans un ordre tiré au sort. « Plutôt » signale une position nuancée. Clique sur un nom pour voir sa page.

L'expulsion systématique des étrangers condamnés

Position pas encore connue pour 6 candidats.

Les mots à connaître

AME
L'aide médicale d'État prend en charge les soins des étrangers en situation irrégulière qui vivent en France depuis plus de trois mois et ont de faibles ressources.
Préférence nationale
Le principe de réserver en priorité aux Français certains droits, comme le logement social ou des aides. Ses opposants la jugent contraire à la Constitution et au principe d'égalité ; ses partisans proposent de réviser la Constitution.
Droit du sol
La règle selon laquelle un enfant né en France de parents étrangers peut devenir français, en général à sa majorité et s'il a vécu en France plusieurs années.

Sources